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Sep 10

[Delerorn] Lucius et le repaire secret

Grand habitué des paradis artificiels, je dois dire que j’ai rarement connu un réveil aussi difficile que celui-ci. En effet, la douleur grandissait à mesure que je reprenais connaissance, et c’était comme si elle m’avait attendu tout au long de mon sommeil pour apparaître au moment opportun, telle une lionne tapie dans les broussailles et prête à bondir férocement sur sa proie.

La vision encore trouble, j’essayais, en vain, d’identifier ce qui m’entourait mais la pénombre dominait l’espace alentour. Malgré tout, une faible lueur parvenait à traverser mes pupilles et me poussait à me demander si l’heure de mon jugement dernier venait d’arriver. Cette pensée se renforça alors avec l’arrivée d’un homme à la barbe blanche accompagné par un léger bruit de clés, avant de s’effacer complètement à la vue d’un cache-œil noir à l’œil droit.

On a pas beaucoup de temps alors écoute-moi bien.

Sans dire un mot, j’écoutais attentivement les paroles de cet inconnu sans vraiment savoir si je devais m’en méfier ou non. Après s’être présenté et m’avoir raconté ce qu’il m’était arrivé quelques heures auparavant, j’acceptai presque sans hésitation la mission que voulait me confier Lucius, mon sauveur bien-aimé.

Très bien. Par où dois-je commencer ?

Après un léger temps d’adaptation, ma douleur, tant émotionnelle que physique, fut presque entièrement chassée par une forme d’excitation surprenante. J’allais, au péril de ma vie, enquêter pour le roi, servir ainsi mon royaume avec honneur et, qui sait, tuer deux ou trois pirates en passant. Ah si Bill m’avait vu…

Je suivais donc à la lettre le chemin que m’avait indiqué Lucius et c’est ainsi qu’après quelques minutes d’effort, je me retrouvais à la surface, au milieu d’un champ, prêt à embrasser ma liberté. Seulement voilà, cette liberté j’allais devoir la mériter, et c’est donc sur ces pensées que je bus ma potion d’invisibilité et commençai à enquêter.

L’île grouillait d’avant-postes et les pirates faisaient des gardes régulières, me freinant considérablement dans ma quête. Le souffle court, je ne pouvais me hâter car le bois des planches qui se trouvaient sous mes pieds craquait au moindre mouvement. Je m’invitais tel un voleur dans les bicoques et fouillais les moindres recoins dans l’espoir de trouver quelque chose qui aurait pu intéresser Lucius, des cartes, des papiers officiels, n’importe quoi…

Une fois la chasse aux indices terminée, je me dépêchai – sans me faire repérer évidemment – de rejoindre Lucius, comme convenu, sur la rive. A mon arrivée, il paraissait perplexe ; il était content bien sûr, ou du moins plutôt soulagé que je fusse parvenu à satisfaire sa requête, mais je sentais que quelque chose le tracassait. Une fois les indices en mains, Lucius baissa la tête et commença à marmonner dans sa barbe…

BANNNGGGG !!!

Épée à la main, je venais de parer de justesse son coup qui aurait pu m’être fatal si je n’avais pas volé une épée en bois dans la maisonnette du forgeron. Malheureusement surpris d’avoir raté son coup, Lucius essayai de justifier sa sournoiserie tout en continuant de m’attaquer furtivement. Mais après quelques minutes de combat acharné, je parvins enfin à le déstabiliser et à planter mon arme droit dans ses cotes, mettant fin à ses jours.

Bien qu’il avait voulu m’assassiner, Lucius était aussi la personne à m’avoir libéré, c’est pourquoi je n’étais pas si fier de ce qui venait d’arriver, trop de sang avait déjà été versé… Mais à peine avais-je le temps de reprendre mes esprits qu’un pirate nommé Hawkins m’aborda, m’obligeant à ressortir mon épée pour un deuxième combat.
Fort heureusement, celui-ci m’expliqua qu’il ne me voulait aucun mal, mieux encore, il voulait m’aider…

Ils vont essayer de faire tomber le roi.
Si tu veux avoir une chance de les empêcher, rejoins-moi à Phrébor

C’est ainsi que mon aventure pris un autre tournant, une fois de plus. Je montais dans une embarcation en direction d’une ville inexplorée, dans le but de sauver le roi, et ce, sous les conseils d’un pirate lassé des fantaisies malveillantes de son capitaine. Vous l’aurez compris, mes péripéties ne faisaient que commencer…